Constellation Rassvet : les défaillances orbitales menacent le projet spatial russe
D'après les relevés de suivi orbital relayés par Numerama, la constellation russe Rassvet — présentée comme le « Starlink russe » — accumule les anomalies de trajectoire: plusieurs satellites ne…

D'après les relevés de suivi orbital relayés par Numerama, la constellation russe Rassvet — présentée comme le « Starlink russe » — accumule les anomalies de trajectoire: plusieurs satellites ne parviennent pas à maintenir leur orbite cible et amorcent une descente prématurée vers les couches denses de l'atmosphère. Pour les professionnels qui suivent la dynamique des constellations en orbite basse — GNSS, télécoms, télédétection —, l'épisode met en lumière les marges opérationnelles étroites qui séparent un déploiement nominal d'une perte de mission.
L'écart entre altitude nominale et altitude réelle
Le projet, porté par Bureau 1440, visait une insertion à 800 km d'altitude. Les données disponibles montrent qu'à ce jour, aucun des seize appareils du lancement de juillet 2026 n'a dépassé les 360 km. Deux d'entre eux sont déjà descendus sous 300 km, signature d'une réentrée atmosphérique engagée. Les seize satellites du tir précédent (mars 2026) s'en sortent mieux, mais un exemplaire a déjà été perdu dès juin.
La traînée atmosphérique comme variable d'usure
Sous 500 km, la densité résiduelle impose une compensation propulsive permanente: plus l'orbite est basse, plus la consommation de carburant grimpe, plus la durée de vie utile se réduit. Les engins stabilisés autour de 500 km verront leur longévité opérationnelle rognée. Ceux qui tentent de remonter par manœuvres brûlent un capital d'ergols qui ne se régénère pas. L'équation physique précède toute considération commerciale.
Goulot d'étranglement au sol et calendrier révisé
Aux déboires orbitaux s'ajoute la frappe ukrainienne du 15 août 2026 sur le centre spatial Progress de Samara — site unique d'assemblage des Soyouz-2.1b, seuls lanceurs utilisés jusqu'ici pour Rassvet. Au rythme actuel de six à huit tirs par an, le déploiement des 18 lancements jugés nécessaires prendrait plus de trois ans. Bureau 1440 tablait sur 250 satellites en exploitation commerciale d'ici 2027 et une constellation de plus de 900 engins à l'horizon 2035. Le planning bute désormais sur deux fronts simultanés: la physique atmosphérique et l'outil industriel.
Ce que l'épisode enseigne aux opérateurs LEO
Pour les équipes qui conçoivent ou intègrent des récepteurs en bande L ou en bande Ku, l'affaire russe rappelle deux invariants: un satellite qui dérive perd sa couverture utile, et un satellite qui compense perd sa durée de vie. Le suivi orbital des constellations tierces — Starlink, OneWeb, Kuiper, désormais Rassvet — reste une donnée d'entrée pour tout calcul de disponibilité de signal en environnement masqué.