Pourquoi l'Apple Watch Ultra 4 abandonne le support du système GLONASS
Constellations GNSS et précision de géolocalisation: selon BGR, l'Apple Watch Ultra 4 supprime le support de GLONASS, alors qu'elle conserve GPS, Galileo, QZSS et BeiDou.

L'absence touche directement l'architecture signal et le calibrage temporel matériel sur récepteur bi-fréquence, un point sensible dès qu'on sort du simple suivi de position grand public.
Le FDMA comme point de friction matériel
GLONASS repose sur une architecture FDMA (Frequency Division Multiple Access): chaque satellite de la constellation émet sur une fréquence propre, ce qui se traduit par des temps de propagation du signal distincts d'un satellite à l'autre. Pour exploiter la mesure, le récepteur doit donc compenser ce délai individuellement, satellite par satellite, faute de quoi l'erreur de positionnement dérive. Tous les autres GNSS grand public (GPS, Galileo, BeiDou, QZSS) fonctionnent en CDMA, c'est-à-dire une fréquence partagée avec un délai uniforme. Sur une puce compacte au format montre, l'intégration du FDMA impose un surcoût de conception et de calibration que peu de fabricants acceptent. L'omission ne surprend donc pas sur le plan strictement matériel.
Le bi-fréquence qui marginalise le L1 GLONASS
L'Ultra 4 embarque un récepteur GNSS bi-fréquence, exploitant GPS sur L1 et L5 simultanément pour corriger les erreurs de propagation, dont le multipath en milieu urbain. Le signal GLONASS grand public reste essentiellement diffusé sur L1. Une analyse relayée par BGR considère que ce L1 seul n'apporte qu'un apport marginal une fois la correction intra-constellation L1/L5 active sur GPS: l'arbitrage d'Apple en faveur de la suppression du support devient dès lors cohérent. Le choix n'est pas idéologique, il est utilitaire: la complexité d'intégration ne se justifie plus face à un gain de précision devenu négligeable.
Lecture pour les professionnels de la mesure
Pour un utilisateur en France métropolitaine, où la couverture GPS L1/L5 et Galileo E1/E5 reste dense, l'absence de GLONASS ne change rien en pratique sur un point connu. La nuance concerne les hautes latitudes (Arctique, Sibérie, certaines opérations de levé en zone polaire), où la constellation GLONASS conserve historiquement une géométrie plus favorable et un meilleur angle d'élévation. Sur ces théâtres, une montre qui ignore GLONASS perd un facteur de redondance utile, en particulier en cas de masquage partiel, de réception dégradée ou de configuration multi-constellation limitée.
Le point à vérifier côté matériel: la fiche officielle d'Apple ne mentionne, à ce stade, aucune restriction régionale ni aucun profil de constellation activé par défaut. Seules des campagnes de mesure indépendantes, acquises sur points connus en environnement canyon urbain et sous couvert forestier, permettront de confirmer si l'absence de GLONASS introduit un écart mesurable par rapport à une génération précédente type Ultra 3, et si la seule bi-fréquence GPS L5 suffit à maintenir la précision de localisation.