gps-sig

L'expertise technique au service de la précision géographique.

Précision décimétrique en GNSS RTK : la percée d'Ericsson et MediaTek via la 5G

Ericsson et MediaTek revendiquent une première mondiale: un test de positionnement GNSS RTK acheminé via un réseau 5G commercial conforme aux spécifications 3GPP, avec une précision affichée inférieure à 30 cm.

Précision décimétrique en GNSS RTK : la percée d'Ericsson et MediaTek via la 5G

Ericsson, MediaTek franchissent le cap du décimétrique en GNSS RTK via la 5G

Les corrections sont injectées dans l'infrastructure cellulaire par le protocole LPP, ce qui retire, selon les deux partenaires, la dépendance à un récepteur de corrections propriétaire ou à un serveur NTRIP externe. Pour les topographes, la donnée utile n'est pas le record de précision, mais la stabilité de la chaîne de mesure en conditions opérationnelles.

Le canal de correction bascule dans la couche radio

Le flux RTK n'est plus un service IP dédié: il est porté directement par la signalisation 5G via le LTE Positioning Protocol (LPP). Le modem GNSS intégré de MediaTek reçoit les données de phase et de pseudorange corrigées sans interface matérielle supplémentaire côté terminal. Les deux industriels décrivent l'essai comme un test de bout-en-bout — terminal, réseau, corrections — sur infrastructure 5G commerciale active. Les modems MediaTek à GNSS intégré sont présentés comme prêts à consommer ces services.

Johan Hultell, responsable produit RAN Software chez Ericsson, évoque « une étape clé pour l'écosystème 5G, qui rend la localisation haute précision plus accessible aux fabricants de terminaux et aux entreprises, dans l'industrie, le transport et au-delà ». HC Hwang, directeur général Wireless Communication Systems and Partnerships chez MediaTek, parle d'une illustration de la 5G Advanced « pour les consommateurs et les entreprises », avec des modems « prêts à supporter ces services de positionnement avancés ».

Ce que cela change sur un chantier

La chaîne RTK classique repose sur une station de base locale ou un fournisseur NTRIP, une liaison cellulaire ou radio pour le flux de correction, et un récepteur GNSS bi-fréquence. Le modèle testé ici fait muter la deuxième brique vers le réseau 5G lui-même. À court terme, la barrière d'entrée matérielle pour le terminal baisse: un modem compatible suffit pour recevoir les corrections. Le récepteur GNSS reste toutefois obligatoire, avec ses contraintes propres — masque satellite, multipath, qualité d'antenne, calibration locale.

Trois paramètres à mesurer avant toute adoption

Le test revendiqué est extérieur, sur réseau 5G commercial. Trois grandeurs décideront de l'intégration dans un protocole de levé professionnel. D'abord, la continuité de service en zone de couverture dégradée, dès qu'une cellule s'effondre ou que le terminal passe en handover. Ensuite, la latence de bout-en-bout, qui conditionne la qualité du fix RTK et la durée d'initialisation. Enfin, la traçabilité métrologique: qui certifie la chaîne quand le résultat sert de preuve opposable — bornage, plan cadastral, implantation? Sans mesure indépendante de ces trois axes, la démonstration reste un record d'ingénierie, pas une méthode de levé.